Image de base

L’image étalon de ce billet, prise avec un Canon 5D MkIII à 25 800 ISO.

Bonjour à tous,

Ce petit billet n’est pas vraiment un coup de gueule, ni un test exhaustif, mais je tenais à donner mon avis à propos des nombreux plug-ins ou éditeurs externes de traitement de bruit qu’on voit fleurir comme Topaz DeNoise 6, Macphun Noiseless et bien d’autres. Alors que faut-il en penser ? Que valent-ils et qu’apportent-ils de plus à Lightroom ?

Eh bien, très franchement, circulez, il n’y a rien à voir… enfin, si, vous pouvez observer les extraits commentés ci-dessous. Ces utilitaires présentent un certain nombre d’inconvénients. D’abord, ils vous font sortir du flux raw, et, du, coup, leurs algorithmes ne travaillent pas sur l’image telle qu’elle a été capturée. Je crois très franchement que le débruitage doit se faire sur le fichier brut et que l’utilisation d’éditeurs externes doit se cantonner à l’aspect créatif du flux de travail. Autre problème, et vous le verrez ci-après, les résultats ne sont vraiment pas bons, que l’on choisisse des modes automatiques ou des presets.

Certes, on arrivera à affiner le traitement du bruit, mais au bout de manipulations parfois longues et complexes, et ce pour un résultat souvent très discutable par rapport à ce que des dématriceurs comme Lightroom, OpticsPro ou Capture One sont capables de sortir, ne fut-ce qu’avec les réglages par défaut. D’autre part, le traitement du bruit au sein du dématriceur permet également de gérer plus efficacement toutes les corrections qui suivent, comme l’accentuation, qui a forcément un impact sur le bruit. Et ça, ce sera toujours plus difficile à réaliser en sortant du flux raw.

Et il y a aussi le coût. Ces éditeurs externes ne sont pas donnés. Croyez-moi, dans la plupart des cas, la correction du bruit de Lightroom, qui repose sur le modèle d’appareil photo et la sensibilité ISO, dès le dématriçage, vous donnera de bons résultats et si, vraiment, vous avez besoin d’un traitement de bruit hors pair, parce que vous prenez des photos dans des conditions difficiles, et quitte à dépenser un peu d’argent, je ne peux que vous recommander d’ajouter DxO OpticsPro édition Elite à votre labo numérique. Le logiciel communique très bien avec Lightroom, et il est le champion incontesté du débruitage, aussi bien en mode HQ qu’avec sa technologie exclusive PRIME. À titre personnel, j’utilise essentiellement Lightroom, et je fais appel à DxO pour les images difficiles ou prises au-delà de 3200 à 6400 ISO, selon le boîtier. Je trouve le traitement DxO un peu trop lisse par défaut, mais ça reste très facilement paramétrable.

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Pas de correction

Voici un extrait à 100% de l’image, dans Lightroom, avec les curseurs de correction de bruit de luminance et de couleur à 0. On voit aisément le bruit de couleur dans les tons sombres (cliquez pour agrandir).

Lightroom

Lightroom : la correction par défaut traite uniquement le bruit de couleur et laisse à l’utilisateur le soin de lisser le bruit de luminance qui, lui, finira par attaquer les détails si on pousse trop les réglages. Même si l’image est granuleuse, l’approche conservatrice de Lightroom permet de conserver un niveau de détail élevé. D’ailleurs, le grain sera partiellement lissé en sortie, aussi bien à l’impression qu’au redimensionnement pour sortie électronique. Lightroom permet également la correction locale du bruit de luminance et, lorsque le curseur est réglé à -100, on peut protéger au pinceau des portions d’images de la réduction de bruit globale.

Topaz DeNoise 6

Topaz DeNoise 6, sorti récemment, ne donne pas dans la dentelle : par défaut, tout est lissé à l’extrême et on note une dérive importante des couleurs. Arriver à un résultat acceptable demande beaucoup plus temps, sans vraiment faire mieux que l’application hôte, et en étant obligé de sortir du flux raw. Bref, au prix du programme qui, d’ailleurs, n’est pas disponible en français, vous pouvez effectivement passer votre chemin.

Noiseless

Voici le tour de Noiseless, qui fait partie du CreativeKit de l’éditeur Macphun. Là encore, de nombreux presets vous sont proposés, et là, observez les artefacts épouvantables, et la dérive des couleurs. Impressionnant, non ? D’autant qu’il ne s’agit que d’une correction modérée. Au vu des résultats, du prix, pas de version française… sans parler de la politique maison qui consiste à snober le monde Windows (alors que Lightroom est cross-platform), direction la corbeille, vous ne loupez de toute façon pas grand chose.

DxO_HQ

Au tour de DxO OpticsPro, ici en mode HQ (le mode standard), qui fait déjà un travail remarquable même si, personnellement, je trouve que c’est un peu trop lissé par défaut. Toutefois, il est très facile d’ajuster le traitement à sa guise.

DxO_PRIME

Enfin, le traitement PRIME de DxO OpticsPro (édition Elite), qui ouvre de nombreuses perspectives : on va pouvoir utiliser les hautes sensibilités sans arrière-pensée, ou traiter les images faites avec d’anciens appareils pas très performants en terme de maîtrise de bruit, avec la perspective de sortir des images propres, dont les détails et les couleurs sont intégralement préservés.

Bref, en résumé, voici ce qu’on peut reprocher aux solutions des éditeurs tiers :

  • Pas d’intégration au flux raw.
  • Intégration imparfaite au flux de travail global.
  • Automatismes entraînant systématiquement des sur-corrections.
  • Pas de respect du rendu et de la chromie de l’application hôte.
  • Résultats difficilement prévisibles.
  • La reprise des corrections à la main ajoute au temps passé et rend le flux de travail plus complexe.
  • Coût.
  • Absence de versions localisées, voire pas de prise en charge Windows pour certains.

Bien entendu, libre à vous de télécharger les versions de démonstration et de décider si, malgré mes critiques, les solutions évoquées ici vous conviennent ou pas. En ce qui me concerne, mon choix est fait depuis longtemps (Lightroom et Opticspro) et, surtout, faites des essais avant de sortir un peu trop facilement la CB !

N’hésitez pas à laisser des commentaires et à faire part de votre propre expérience. À bientôt !

Gilles.

 

Bonjour à tous,

Après cette débauche de logiciels et d’utilitaires orbitant autour de Lightroom, revenons à nos moutons pour aborder, aujourd’hui, un sujet qui me préoccupe et qui me pousse à prendre la parole et à vous demander de rester prudents et, surtout, de ne pas vous laisser berner par certains discours.

En effet, il y a quelques jours, deux sites qui ont l’habitude d’aborder assez fréquemment Lightroom ont publié de concert des astuces permettant de placer un catalogue en réseau, afin d’y accéder à partir de plusieurs machines, mais pas de manière simultanée, et dans le but de passer outre les outils d’exportation/importation de catalogues, méthode qui fonctionne bien mais qui n’en reste pas moins un peu lourde. L’une des astuces consiste tout simplement à créer, sur un réseau, une image disque contenant le catalogue. Dans ce cas, on arrive à contourner la routine de vérification de Lightroom, censée déclencher un message d’alerte indiquant que le catalogue est sur un réseau et ne peut donc être exploité.

À la lecture de ces sites, on a l’impression qu’il s’agit d’une découverte récente et d’une solution miraculeuse. Malheureusement, il n’en est rien : le truc de l’image disque est connu et discuté depuis les débuts de Lightroom, aussi bien en public qu’en interne, au niveau de l’équipe de développement et, surtout, il n’est en rien validé, approuvé ou conseillé par Adobe.

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